| Naissance
d'une vicomté Cette
présentation des origines de la vicomté de Ventadour reflète
l’intervention que Bernadette BARRIÈRE, professeur à l’Université
de Limoges a faite au colloque d’ouverture organisé par Carrefour
Ventadour en 1986. Elle a paru en introduction à la brochure. Aux sources
du chant courtois, Ventadorn, un chastel, tres trobadors, Miquèla STENTA,
au CDDP de la Corrèze en 1989.
VENTADOUR, UN CHÂTEAU,
UN SITE, UNE FORTERESSE, UNE FAMILLE Les vestiges de la forteresse médiévale
de Ventadour occupent l’extrémité d’un éperon granitique
étroit et allongé dominant par des abrupts la confluence des vallées
en gorge de la Luzège de Davignac et du ruisseau de la Vigne. Le site est
isolé et naturellement fort. Le promontoire rocheux, coupé du
plateau par un système de fossés qui en améliorait la défense,
a lui-même été retaillé et nivelé afin de permettre
l’établissement d’une fortification dont, en particulier, subsiste
une enceinte maçonnée épousant le contour de l’éperon
et offrant une longueur de 150 m sur une largeur maximale de 30 m. Cette enceinte,
ainsi que les bâtiments qui lui sont associés ou qui sont inscrits
à l’intérieur : tours, chapelle, salles et logis divers, se
réclament de plusieurs campagnes de construction et de reconstruction s’échelonnant
pour l’essentiel du XIIe au XVe siècle. Le plus anciennes mentions
connues de ce lieu ne sont pas antérieures à la fin du XIe siècle,
mais les informations éparses fournies tant par les cartulaires locaux
que par les chroniques régionales des XIe-XIIe siècles, permettent
de restituer schématiquement les origines de cette forteresse et de percevoir
l’importance de l’éminente famille à laquelle elle légua
son nom.
Rappelons pour mémoire que dans le courant de la seconde
moitié du XIe siècle, l’autorité des souverains carolingiens
s’affaiblit considérablement, et que, progressivement, durant le Xe
siècle, la réalité du pouvoir passa aux mains d’un certain
nombre de Grands : la mise en place d’une nouvelle société,
seigneuriale et féodale, était en marche. Vers l’an mil,
le Limousin ou Comté de Limoges était passé, comme d’autre
comtés aquitains, sous le contrôle de la puissante famille des Guillaume,
comtes de Poitiers, « ducs d’Aquitaine », lesquels y avaient
confié le soin de les représenter à un certain nombre de
vicomtes appuyés sur d’imposantes forteresses. Le Bas-Limousin, pour
sa part, était partagé entre les juridictions respectives des vicomtes
de Limoges, de Turenne et de Comborn. Or, vers le milieu du XIe siècle,
le vicomte de Comborn procéda à un partage des territoires de sa
juridiction entre ses fils Archambauld et Èble : le premier conserva le
château de Comborn établi sur un méandre dominant la Vézère,
ainsi que la partie occidentale de la vicomté, et assura la continuité
du lignage des vicomtes de Comborn ; le second hérita pareillement du titre
vicomtal, mais prit position à plus de 60 km de là, vers l’est,
sur le promontoire de Ventadour, comparable en bien des aspects à celui
de Comborn, et il y fit souche.
A cet Èble, premier vicomte en résidence
à Ventadour, mort vers 1195, succéda son fils Èble II, dont
l’existence est attestée jusqu’en 1147 et dont le surnom «
lo Chantador » et les relations avec le duc Guillaume IX le Troubadour (1126)
témoignent du goût précoce de ce lignage pour la création
artistique.
Bernadette BARRIÈRE, 1989.
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Ventadour
et l'histoire...
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